Divagations funky au long des méandres d'un monde blogalisé

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Politique

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21Oct

Contrôles biomètriques

Lu dans Libé ce matin, notre bien aimé gouvrenement propose d'installer des contrôles biomètriques à Roissy pour diminuer les temps d'attente aux passages des frontières entre pays de l'espace Schengen. Encore une fois, la lecture des romans de science-fiction écrits il y a 40 ans se révèle douloureusement visionnaire. L'état, en manque de contrôle sur ses citoyens, généralise les mouchards, et, pour mieux les faire accepter, les pare des atours de la simplification et de la praticité. Les nouvelles technologies offrent des opportunités, tant en terme de service individuel que de meilleure régulation, mais chaque mutation technologique devrait être évaluée en terme de liberté individuelle, en d'autres terme cette innovation s'accompagne-t-elle d'un fichage inutile ? 

Ainsi le pass Navi'Go de la RATP est-il très agréable à utiliser, il diminue le temps de passage et le stress de retrouver son billet parmi une myriade de poches ou de le trouver démagnétiser au milieu d'une pile de monnaie. Mais, au passage, il permet de tracer les déplacements de ses utilisateurs. Pointé par la CNIL, ce fonctionnement a fait l'objet d'une correction par la RATP : moyennant une légère contribution supplémentaire, les usagers peuvent choisir un pass anonymisé. Ce fonctionnement est innique à plus d'un titre :
  1. tout d'abord il démontre qu'il était absolument pas nécessaire de collecter l'identité des usagers au sein du pass puisqu'une solution anonyme est proposée,
  2. l'accès à un système respectueux de la vie privée est payant
  3. cette formule dévelopée pour apaiser la CNIL ne fait l'objet d'aucune publicité par la RATP.

Navi'Go est un très  bon exemple d'introduction du contrôle de chacun sous couvert de praticité. Revenons quand même au cas du contrôle biomètrique de Roissy. Est-il pratique ? J'en doute fort. Car sachez monsieur Besson - et oui c'est encore à ce triste sire que l 'on doit cette innovation- que ce qui ralentit les passages aux frontières, ce sont moins les contrôles d'identité (surtout entre pays Schengen) que les queues devant les scanners pour bagages et les aéroports mal conçus (Roissy ayant la palme des aéroports hostiles et mal foutus). Mais évidemment bien concevoir les circulations dans un aéroport et dimensionner le contrôle des bagages ne permet pas d'habituer tranquillement vos citoyens aux contrôles biomètriques, qui bien sûr, ne devraient pas inquiéter quelqu'un qui n'a rien à se reprocher.

06Sep

Merde à Edvige

Nous vivons dans une société de plus en plus orwellienne, où le contrôle des citoyens se généralise et se banalise. La société de l"information est un progrès que si elle reste au service de chacun et non pas si elle sert le contrôle de tous. Et on ose encore parler de la France sous le nom "le pays des droits de l'homme"... Il est aussi extrêment saisissant de réaliser que la culpabilité par anticipation décrite par Philipp K. Dick puis filmée par Spielberg dans Minority Report devient de plus en plus réelle.

Le fichier EDVIGE est issu du décret du 27 juin 2008 créant le fichier d’Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information Générale (EDVIGE) : il concerne toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées. Il vise en outre toutes les personnes (ou groupes) "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public". Les données fichées, extrêmement larges, concernent les droits et les libertés publiques et individuelles (fichage des militants), les droits des enfants (fichage des mineurs dès 13 ans, fait sans précédent) et le respect de la vie privée (vie sexuelle, état de santé, relations personnelles, comportements, déplacements, appartenance ethnique, etc.). Le fichier EDVIGE représente une nouvelle régression des droits et des libertés publiques et individuelles. Il entérine même un principe d’anticipation des délits, basé sur de pures suppositions.

Comme dirait George Abitbol : Monde de merde...

21Nov

Chirac en prison

Je n'aurais jamais cru qu'une info puisse faire plaisir autant à Sarkozy qu'à moi, mais je suis sûr que notre Napoléon IV n'a pu retenir un cri d'allégresse en apprenant la mise en examen de son prédécesseur.

15Nov

Quizz

Qui a dit :

Lorsque la France va bien, c’est l’Europe tout entière qui en tire profit. Lorsque la France va mieux, l’Europe aussi va mieux.»


et bien c'est notre cher Sarkoléon lors du discours d'introduction de la présidence française de l'UE, devant le parlement européen. J'en viens à m'intéresser aux démarches de destitution du président parce qu'il commence à vraiment péter les plombs le petit Nicolas.

23Aug

Les bourrelets de sa sarkozité

Est-ce à son initiative ou un nouvel exemple d'auto-censure/dévotion, toujours est-il que Sarkoléon, empereur de l'Elysée doit apparaître beau et fort, quitte à appeler Photoshop à la rescousse des poignées d'amour. A gauche la photo "originale" publiée par Reuters, à droite, celle de Match. Heureusement pour sa sarkozité, le groupe Lagardère surveille l'image de son "ami"

Mon conseil à Paris Match : le meilleur moyen de ne pas montrer les bourrelets de Sarko aurait été de ne pas montrer Sarko...

27Jul

Grenellons ensemble mes frères

Sans doute le devons nous quelque part aux activités de Nicolas Hulot pendant la campagne présidentielle, notre président monarque Nico 1er a lancé les Grenelles de l'environnement. Au passage je ne peux pas omettre de souligner que de la part d'un candidat qui voulait rompre avec l'héritage de 68, le choix du nom de baptême de ces négociations nous montre qu'il n'est décidément plus à une contradiction près.

Toujours est-il que ces négociations sont en cours, que de nombreuses associations y participent, avec en face d'elles représentants du gouvernement, des syndicats et de l'entreprise. On peut rejeter par principe la chose, la sincérité de NS en la matière peut facilement être mise en doute (de toute façon en accolant le mot sincérité à coté de son nom, on a l'impression que l'un des deux est un gros mot pour l'autre), toujours est-il qu'on peut au moins espérer un peu plus que les "grands" débats organisés par Raffarin sur l'éducation ou sur la recherche (Heureusement que j'ai pas cru une seconde à ceux là sinon je crois que j'aurais toujours un peu du mal à m'assoir).

Les associations de protection pour l'environnement impliquées dans ces négociations ont ouvert un blog (ICI) où elles relatent l'évolution des discussions atelier par atelier. La lecture en est très intéressante, on peut regretter la faible interactivité entre les auteurs et les commentateurs mais c'est une pratique de transparence que l'on doit saluer.

La grenouille et la couleuvre
source : Mr Dale

10Jul

Docu alter

Plus de commentaires quand j'aurais 5 minutes...

13Jun

Gratt, gratt

L'épisode Sarko bourré commence à me souler ; déjà que depuis le mois de mai, j'ai un sarko dans le pif, ma gueule de bois ne risque pas de passer, surtout si la trogne des comptes sociaux et budgétaires vire au rouge... L'hypocrisie des médias qui cherchent à argumenter "mais non il est seulement essouflé" ou encore "c'est le phénomène sur internet qui est intéressant" est révélatrice du niveau d'autocensure qu'ils ont atteint. Le pire, c'est que le journaliste belge à l'origine de "l'affaire" est allé jusuq'à présenter ses excuses ! s'excuser d'avoir fait son métier et d'avoir révélé un détail cocasse et finalement sans grande portée.

Pendant ce temps, l'étau se resserre sur Chirac, qui semble être à l'origine de l'affaire Clearstream 2 (cad la fausse, pas la vraie, celle des comptes occultes de la chambre de compensation), la diversion consistant à charger Denis Robert (celui qui a fait sortir la vraie affaire Clearstream) n'ayant visiblement pas suffit (même si lui en prend de nouveau plein la gueule) mais chut...

Non aujourd'hui, je m'interroge sur ce jeune condamné à 3 mois de prison ferme pour avoir filmé sa professeur en train de se faire agresser par un élève. Le motif est "non-assistance à personne en danger et atteinte à la vie privée" et on comprend bien que la victime n'apprécie pas de se faire humilier en plus de d'avoir été battue. Bon évidemment, il n'y a pas à féliciter ce gars, mais je m'interroge 1) sur la constitution du délit, 2) sur l'intérêt de la peine.

Fondamentalement, était-ce différent de toutes ces vidéos qu'on a vu des rixes de la gare du Nord ? Si lui est condamné, quid du reste de la classe qui n'a pas sorti son téléphone portable pour filmer, mais n'a pas aidé la professeur non plus. Ne commettons nous-même pas aussi ce délit en relayant sur internet des vidéo de youtube ou dailymotion où quelqu'un se ridiculise ? Et TFI qui retransmet la vidéo ? Journalisme ou voyeurisme ?
En fait, par association d'idée, la généralisation des téléphones dotées d'une caméra amène à repenser totalement le droit à l'image car nombre d'interdictions devenant totalement impossibles à faire respecter, sont maintenant vides de sens. Mais je m'égare un peu. Bon à l'examen des faits, il n'y a pas préméditation, mais il a été relativement actif (se rapprochant de la scène pour mieux la filmer) ce qui revient à une forme d'adhésion, donc une forme de condamnation peut se justifier.

On en vient à la question de la peine. 3 mois de taule vont-ils vraiment aider ce gamin à comprendre qu'il aurait du agir autrement ? qu'il a humilié gratuitement une personne en diffusant cette vidéo. Rien n'est moins sûr. Le voilà avec un casier, exposé à une peine plancher pour sa prochaine connerie... je ne suis pas sûr que la justice y ait gagné...

13Jun

Parlons pouvoir

Vue de l'extérieur, la politique française est réellement sidérante en ce moment, et peu encourageante. En flânant sur le site du Monde, j'ai pu trouver aujourd'hui cet article de Dominique Rousseau. Tous les montpeliérains qui se sont intéressés au débat sur le Traité Constitutionnel Européen se rappelleront sûrement de ce prof de droit constitutionnel, novice en politique mais au fort potentiel avec son look à la Richard Gere et son charisme. Il nous livre aujourd'hui sa réflexion sur l'évolution de la pratique du pouvoir sous la Vème.

Depuis 1958, il est écrit dans la Constitution que le président arbitre (article 5) et que le premier ministre gouverne (article 20). Depuis le 6 mai 2007, il est écrit dans les faits que le président gouverne et que le premier ministre coordonne l'application de la politique présidentielle par les ministres. Faut-il accuser Nicolas Sarkozy de violer la Constitution ? Il faudrait alors convoquer à la barre tous ses prédécesseurs ! Il vaut mieux le féliciter de lever l'équivoque sinon l'hypocrisie constitutionnelle en assumant sans complexe la direction politique du pays sans se cacher derrière la personne du premier ministre.

Le quinquennat, et surtout l'inversion du calendrier électoral, l'un et l'autre voulus par les socialistes, ont fermé la voie du régime primo-ministériel ; il reste celle du régime présidentiel. Il faut donc s'y engager clairement. C'est-à-dire réviser la Constitution pour mettre le droit en accord avec les faits à défaut d'avoir pu mettre la pratique en accord avec le droit.

D'abord remplacer les articles 5, 20 et 21 par un article énonçant que "le président de la République, assisté du gouvernement, détermine et conduit la politique de la Nation". Cette formulation avait été proposée par Michel Debré en 1958 ; repoussée par les anciens présidents du conseil de la IVe République, elle s'est imposée en pratique ; elle doit maintenant s'imposer en droit. Ensuite, évidemment, puisque le président devient ainsi le chef de l'exécutif, il doit pouvoir présenter en personne, et non plus en celle du premier ministre lisant le message présidentiel à la tribune de l'assemblée, son programme législatif au Parlement ; et, pour cela, il convient aussi de réviser la Constitution. Ces "petites" réformes changeraient sans doute fondamentalement l'architecture des pouvoirs et feraient glisser en douceur la Ve République vers un régime présidentiel. "Horreur constitutionnelle" ? Pas nécessairement si, dans le même temps, la révision établit l'indépendance de contre-pouvoirs. Le pouvoir parlementaire n'est plus aujourd'hui le pouvoir qui peut arrêter le pouvoir présidentiel ; il l'accompagne, le soutient, le défend, il n'entrave pas ni ne retient son action. Et il en est ainsi dans toutes les démocraties européennes. Sans doute est-il possible de mieux organiser la présence parlementaire par l'interdiction du cumul des mandats, mais ce n'est plus là que se joue aujourd'hui l'équilibre des pouvoirs. Il est à rechercher dans l'indépendance de la presse, dont le pluralisme doit être reconnu dans la Constitution comme un des fondements de la démocratie obligeant à une séparation des pouvoirs médiatique, économique et politique garantie par un régime strict d'incompatibilités et par une refonte du CSA.

Il est encore à rechercher dans la reconnaissance du pouvoir judiciaire dont l'indépendance doit être assurée par un Conseil supérieur de la justice d'où seraient exclus le président et le garde des sceaux et qui deviendrait responsable de la formation et de la nomination des magistrats et du bon fonctionnement administratif, financier et déontologique de la justice. Il est aussi à rechercher dans la reconnaissance d'un pouvoir des citoyens par l'attribution d'un droit d'initiative législative et de la faculté de contester la constitutionnalité des lois en vigueur devant une Cour constitutionnelle, profondément rénovée dans sa composition et son fonctionnement.

Il faudra un jour, écrivait en 1973 le doyen Vedel, choisir entre la Constitution de 1958 et la Constitution de 1962, car les deux sont incompatibles. Ce jour est venu ; Nicolas Sarkozy a choisi le régime présidentiel ; il doit, par une révision de la Constitution, lui donner sa logique institutionnelle : une primauté présidentielle équilibrée par des contre-pouvoirs constitutionnellement indépendants.
Je me permettrais cependant de souligner que l'essence d'une démocratie veut que le chef du gouvernement soit responsable de ses actes devant une autre autorité. La Vème, en jouant sur la dualité 1er ministre / président, a tendance à tricher avec ce principe, et la présidentialisation accentue ce problème : le président n'est pas responsable. Le quinquennat de Chirac nous l'a illustré à maintes reprise. Donc une réforme urgente consiste à rendre responsable le président de la république ou du moins à pouvoir forcer institutionnellemment une dissolution, sur le mode de la pétition référendaire par exemple.