Divagations funky au long des méandres d'un monde blogalisé

Divagations funky au long des méandes d'un monde blogalisé

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Environnement

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29Oct

Certitudes et craintes pour Copenhague

Je reproduit ici une chronique d'Yves Cochet, publiée aujourd'hui sur Actu-Environement.

Nous avons trois certitudes. La modification de la composition de l'atmosphère en gaz à effet de serre (GES) est rapide et importante depuis cinquante ans. Le réchauffement global est sans équivoque lorsqu'on observe l'évolution des températures moyennes, mais aussi l'élévation du niveau des mers par dilatation, l'accroissement de la vapeur d'eau, la fonte des glaciers et d'autres facteurs. Enfin, l'essentiel de ce changement est dû aux activités humaines, même si certaines activités naturelles telles que les cycles du soleil et le volcanisme peuvent parfois amplifier ou contrecarrer ce changement. Parce qu'il n'y a pas, dans le passé, l'analogue de ce qui se passe actuellement, il est nécessaire de réduire drastiquement et rapidement nos émissions de GES et de mettre en oeuvre des politiques d'adaptation, notamment pour la protection des populations de certains pays du Sud.

Il y a une autre raison d'agir vite et fort à Copenhague. Nous n'avons plus que quelques années pour profiter de notre capacité de faire, de notre puissance disponible, de notre relative prospérité avant que l'énergie ne devienne rare et beaucoup plus chère qu'aujourd'hui, tandis que la récession concomitante nous empêchera d'agir efficacement. Si un bon accord juridique n'est pas conclu à Copenhague, nous n'aurons plus le temps de nous en tirer, faute de moyens physiques économiquement disponibles. Nous ne sommes plus dans le rêve essentialiste d'une bienheureuse société post-carbone en 2050, nous sommes dans le compte à rebours pour éviter le pire, pour réduire les souffrances de nos enfants et petits-enfants, pour sauver le plus grand nombre de nos frères et soeurs du Sud. Pratiquement, le point le plus important de Copenhague est un accord contraignant sur la décroissance réelle et forte des émissions de GES à partir de 2015.

Moins connu que les autres arguments en faveur de la réduction des GES, cette raison d'agir basée sur la raréfaction et le renchérissement imminents de l'énergie doit être expliquée plus avant. Essentiellement : le modèle économique dominant - que l'on peut qualifier de « libéral-productiviste » - nécessite une croissance sans fin et une création d'emplois continuelle, ce qui est physiquement impossible. Plus explicitement : l'économie actuelle s'appuie sur les marchés et les emplois pour distribuer les biens et les services ; la croissance du PIB et des emplois exige la croissance de l'énergie nette disponible ; cette dernière est liée au pic de production de pétrole qui arrive aujourd'hui et sera donc suivi - dès la décennie 2010-2020 - d'une décroissance longue et définitive du PIB, la récession actuelle se transformant en dépression puis en chaos si nos dirigeants ne décillent pas les yeux. Bref, lorsque l'énergie nette disponible décroît, tout décroît. Cette décroissance n'est même plus un choix politique issue d'un débat politique sur les meilleures orientations pour une planète soutenable, cette décroissance est notre destin.

De ce point de vue, les débats préparatoires à Copenhague sont souvent affligeants. Les sujets qui occupent le devant de la scène ne permettant pas du tout de faire face à l'avenir tel que décrit ci-dessus. On organise ici de vastes conférences sur la création d'un marché mondial du carbone, à l'image de l'European Trading Scheme (ETS) qui a montré son inefficacité depuis trois ans. On réunit là des experts actionnés par les lobbies pour débattre gravement de la capture et séquestration du carbone. On rassemble ailleurs des responsables économiques pour chanter les vertus des Mécanismes de développement propre (MDP), c'est-à-dire l'achat, par les entreprises du Nord, de crédits d'émissions dégagés par des projets de dépollution au Sud. Au lieu d'exiger un effort national en faveur de la baisse réelle des émissions dans chaque pays riche, le « paquet énergie-climat » de l'Union européenne, adopté en décembre 2008 sous présidence française, autorise les Etats de l'Union à externaliser leur vertu en instaurant ainsi un marché mondial d'indulgences au profit du Nord. Toutes ces manoeuvres ne sont qu'échappatoires à l'affrontement direct de la réalité climatique et énergétique.

A Copenhague, tout texte dilatoire inspiré par le nationalisme économique ou l'ignorance de la hauteur des enjeux nous conduirait vers un désastre global. Je crains que les chefs d'Etats et de gouvernements, faute d'accepter un accord juridique contraignant, s'en tirent par une déclaration politique commune, d'autant plus magnifique qu'elle sera vide de décisions.

Yves COCHET
Mathématicien, ancien Ministre de l'Environnement, Député de la 11e circonscription de Paris.

Je ne peux malheureusement que soutenir le point de vue d'Yves Cochet. Bush a fait perdre 8 ans à la lutte contre le réchauffement climatique, 8 ans perdus à un moment critique. Il est trop tard pour choisir une voie tranquille, on n'est plus dans l'évitement mais dans le contrôle des dommages, et plus on attend, plus les efforts à mettre en œuvre explosent. Malheureusement les réactions à l'idée d'une taxe carbone ont bien montré qu'une majorité de groupes d'opinion n'a pas encore réalisé la gravité de la situation.

Face à l'échec prévisible de Copenhague, il ne reste plus qu'à construire son abri anti-réchauffement, de la même manière que certains ont construit leur abri anti-nucléaire : acheter une maison dans une région tempérée, avec un grand terrain et une forêt pas loin et réapprendre l'autharcie. Triste perspective.

03Jul

Samsø Island : windy cheese !

Read in the New-Yorker, this article on the Samsø Island, a danish island who decided in the 90's to save energy. Surely a god example to reach the 2000W society objective. So now Samsø will not be famous only for its cheese !

Jørgen Tranberg is a farmer who lives on the Danish island of Samsø. He is a beefy man with a mop of brown hair and an unpredictable sense of humor. When I arrived at his house, one gray morning this spring, he was sitting in his kitchen, smoking a cigarette and watching grainy images on a black-and-white TV. The images turned out to be closed-circuit shots from his barn. One of his cows, he told me, was about to give birth, and he was keeping an eye on her. We talked for a few minutes, and then, laughing, he asked me if I wanted to climb his wind turbine. I was pretty sure I didn’t, but I said yes anyway.


We got into Tranberg’s car and bounced along a rutted dirt road. The turbine loomed up in front of us. When we reached it, Tranberg stubbed out his cigarette and opened a small door in the base of the tower. Inside were eight ladders, each about twenty feet tall, attached one above the other. We started up, and were soon huffing. Above the last ladder, there was a trapdoor, which led to a sort of engine room. We scrambled into it, at which point we were standing on top of the generator. Tranberg pressed a button, and the roof slid open to reveal the gray sky and a patchwork of green and brown fields stretching toward the sea. He pressed another button. The rotors, which he had switched off during our climb, started to turn, at first sluggishly and then much more rapidly. It felt as if we were about to take off. I’d like to say the feeling was exhilarating; in fact, I found it sickening. Tranberg looked at me and started to laugh.


Samsø, which is roughly the size of Nantucket, sits in what’s known as the Kattegat, an arm of the North Sea. The island is bulgy in the south and narrows to a bladelike point in the north, so that on a map it looks a bit like a woman’s torso and a bit like a meat cleaver. It has twenty-two villages that hug the narrow streets; out back are fields where farmers grow potatoes and wheat and strawberries. Thanks to Denmark’s peculiar geography, Samsø is smack in the center of the country and, at the same time, in the middle of nowhere.


For the past decade or so, Samsø has been the site of an unlikely social movement. When it began, in the late nineteen-nineties, the island’s forty-three hundred inhabitants had what might be described as a conventional attitude toward energy: as long as it continued to arrive, they weren’t much interested in it. Most Samsingers heated their houses with oil, which was brought in on tankers. They used electricity imported from the mainland via cable, much of which was generated by burning coal. As a result, each Samsinger put into the atmosphere, on average, nearly eleven tons of carbon dioxide annually.

Then, quite deliberately, the residents of the island set about changing this. They formed energy coöperatives and organized seminars on wind power. They removed their furnaces and replaced them with heat pumps. By 2001, fossil-fuel use on Samsø had been cut in half. By 2003, instead of importing electricity, the island was exporting it, and by 2005 it was producing from renewable sources more energy than it was using.


The residents of Samsø that I spoke to were clearly proud of their accomplishment. All the same, they insisted on their ordinariness. They were, they noted, not wealthy, nor were they especially well educated or idealistic. They weren’t even terribly adventuresome. “We are a conservative farming community” is how one Samsinger put it. “We are only normal people,” Tranberg told me. “We are not some special people.” .


This year, the world is expected to burn through some thirty-one billion barrels of oil, six billion tons of coal, and a hundred trillion cubic feet of natural gas. The combustion of these fossil fuels will produce, in aggregate, some four hundred quadrillion B.T.U.s of energy. It will also yield around thirty billion tons of carbon dioxide. Next year, global consumption of fossil fuels is expected to grow by about two per cent, meaning that emissions will rise by more than half a billion tons, and the following year consumption is expected to grow by yet another two per cent.


When carbon dioxide is released into the air, about a third ends up, in relatively short order, in the oceans. (CO2 dissolves in water to form a weak acid; this is the cause of the phenomenon known as “ocean acidification.”) A quarter is absorbed by terrestrial ecosystems—no one is quite sure exactly how or where—and the rest remains in the atmosphere. If current trends in emissions continue, then sometime within the next four or five decades the chemistry of the oceans will have been altered to such a degree that many marine organisms—including reef-building corals—will be pushed toward extinction. Meanwhile, atmospheric CO2 levels are projected to reach five hundred and fifty parts per million—twice pre-industrial levels—virtually guaranteeing an eventual global temperature increase of three or more degrees. The consequences of this warming are difficult to predict in detail, but even broad, conservative estimates are terrifying: at least fifteen and possibly as many as thirty per cent of the planet’s plant and animal species will be threatened; sea levels will rise by several feet; yields of crops like wheat and corn will decline significantly in a number of areas where they are now grown as staples; regions that depend on glacial runoff or seasonal snowmelt—currently home to more than a billion people—will face severe water shortages; and what now counts as a hundred-year drought will occur in some parts of the world as frequently as once a decade.

09Mar

Eco-server

This blog is not hosted by one of the numerous blog-platform, I choose a long time ago to be totally independent from any provider and  to offer a website without any advertisement. Of course this liberty for me (and comfort for you) has a price but I consider it small compared to the outcome.

Anyway when I chose my web-server provider, I have to say I did not think to evaluate its ecological footprint. It was perhaps a mistake since the CO2 emissions from the web sector is estimated as large than the ones emitted by international flights.

But an e-mail from my provider released my from my environmental anxiety. The energy used by the servers is guaranteed renewable. The question of the credibility of such a guaranty remains open to me, I think it is the same question than for organic food. Here the "green face" of my blog is certified by RECS, let's hope it is more worth than wind  (except if it blows through the blades of a wind-mill).

Still about green-energy, some of you have probably already seen this movie of a crazy windmill. Failure of the braking system is apparently responsible. I read that one of blades reached and destroyed another turbine. So keep your distances !

07Dec

Des nouvelles de la narbonnaise

Ancienne et future terre d'attache de votre serviteur, le narbonnais est généralement assez discret dans les médias. Du coup quand je trouve un entrefilet de presse parlant du pays de la Tramontane, je ne peux pas résister. Donc voici ce que j'ai lu sur Effets de terre, l'excellent blog de Denis Delbecq, ancien de Libé.

De l’avis de la des Parcs naturels régionaux de France, c’est une première, alors on débouche une bouteille: Pour la première fois, un tribunal reconnaît un préjudice environnemental sur un parc naturel régional (PNR)… Le PNR de la Narbonnaise recevra deux fois 10 000 euros d’un industriel qui a provoqué une pollution en 2004. La première, en réparation du préjudice moral, la seconde, en réparation du préjudice environnemental.
En décembre 2004, une usine de conditionnement de produits phytosanitaires avait déversé du chlorpyrifos, un insecticide, dans un ruisseau qui a ensuite pollué l’étang de Bages.
Sigean. Selon la fiche chimique internationale, ce produit est un formidable ami de l’environnement, qui attaque le système nerveux. Les poissons y sont très sensibles, et ne se sauvent même plus lorsqu’on jette un caillou dans l’eau, raconte Hélène Sheffer, dans un reportage effectué en 2005 dans la zone polluée. Des milliers de poissons, et d’oiseaux, ont rendu l’âme et la pêche a dû être interdite pendant trois mois. Vingt mille euros pour un tel foutoir, ce n’est pas cher payé.



La bonne blague dans l'affaire c'est que j'ai déjà rencontré le triste sir propriétaire de cette entreprise. Rencontre peu amicale d'ailleurs, puisque c'était autour d'une barricade bloquant l'accès du terminal pétrolier de Port-la-nouvelle. Donc ce triste sir n'avait rien trouvé de plus intelligent que d'insulter les grèvistes, les traitant de fainéant et autres noms d'oiseau. Je me souviens encore de la frousse qu'on lui a donné en retour, et vu le montant très dérisoire de l'amende, je regrette presque qu'il soit reparti avec ses 2 rétroviseurs...

08Oct

Interview de Serge Latouche

La pensée décroissante est une des grandes absentes du Grenelle de l'environnement. Mais dans la continuité des nombreux contre-sommets que la nébuleuse alter-mondialsite aime organiser, s'est tenu ce week-end un contre-Grenelle (ou un Grenelle alternatif et citoyen) auquel participait Serge Latouche, apôtre de la décroissance. Voici son interview dans Libé

Alors que les adeptes de la décroissance participaient samedi à Lyon à un contre-Grenelle de l’environnement (lire ci-dessous), Serge Latouche explique pourquoi la société de croissance a atteint ses limites.

A la place du ministre de l’Ecologie, quelles politiques mettriez-vous en place ?
Le rôle de l’intellectuel n’est pas de définir des politiques, mais de lancer des idées. Ce qui frappe dans les débats du Grenelle, c’est que le diagnostic de l’impasse dans laquelle nous sommes est partagé. Mais on n’analyse pas pourquoi nous allons droit dans le mur. Ce n’est pas la croissance le problème en soi - on ne peut pas être contre la croissance de la qualité de l’air, de l’eau, des espaces verts, de la facilité des transports… - mais le fait que nous vivons dans une société qui a pour seul objectif la croissance pour la croissance. Il faut décoloniser l’imaginaire, pas seulement trouver des mesurettes pour faire en sorte de prolonger la croissance.

S’il en sortait un moratoire sur les autoroutes et les OGM ou un contrôle des publicités, le Grenelle serait-il un succès ?
Absolument. J’ai lu la plate-forme de coordination des ONG, et je m’y retrouve. Mais je doute que ce programme soit accepté. Comment peut-il être compatible avec la volonté de réaliser un taux de croissance de 3 % par an ? Il y a une vraie contradiction entre, par exemple, le moratoire sur les autoroutes et les projets européens - de grosses infrastructures de transport : autoroutes, tunnels, TGV… Vous évoquez la décolonisation de l’imaginaire…

Comment se dépollue-t-on la tête ?
Ce n’est pas en disant aux gens «travaillez plus pour gagner plus» mais plutôt «travaillez moins pour vivre mieux». Il faut ralentir le rythme, la production, la consommation et prendre le temps. De vivre. C’est délirant de proposer à des gens stressés, malades de leur travail, de faire toujours plus. La décolonisation de l’imaginaire consiste à changer les fondamentaux sur lesquels repose notre société de croissance. A bousculer ce qui prend racine dans la grande mutation qu’a connue l’Occident entre le XVIe et le XVIIIe siècle et que certains appellent la mise sur orbite du mode de production capitaliste.

Comment construire un consensus social démocratique pour aller vers une société de décroissance ?
Le consensus ne va pas tomber du ciel, nous sommes toxico-dépendants de la croissance et de la société de consommation. Or, dans une dépendance, il y a deux acteurs : les drogueurs et les drogués. Les premiers sont les plus gros pollueurs de la planète : Monsanto, Novartis, Total, Areva, Nestlé, etc. Et les drogués, ce sont nous. Nous sommes plus enclins à fréquenter notre dealer pour avoir notre dose quotidienne plutôt que d’entreprendre une cure de désintoxication. Avec la crise écologique, il y a urgence. Il ne faut pas changer uniquement à cause de l’urgence, mais comprendre que nous vivrions mieux autrement. Déjà, dans les années 70, des théoriciens tels Ivan Illitch ou André Gorz nous y invitaient. Ils ont prêché dans le désert mais ils avaient raison. Leur message était inaudible car la catastrophe semblait si lointaine…

La croissance verte serait-elle la drogue de substitution pour la désintoxication ?
On ne peut pas atterrir en douceur. Il faut un choc salutaire. Le coup de l’autre croissance, on nous l’a déjà fait. ­Depuis les débuts de l’ère industrielle, ça a pris toutes sortes de formes : l’opposition croissance-développement, un autre développement, une autre croissance. En 1972, le président de la Commission européenne disait «il faut entrer dans une croissance négative». Le collège des commissaires s’est accordé sur une «autre» croissance. C’était il y a trente ans.

C’est une thérapie de choc, une désintoxication sans produit de substitution. Pas très mobilisateur… L’objectif est un changement radical : la remise en question de la base imaginaire de l’Occident qui consiste à croire que l’homme est maître et dominateur de la nature. Ce que les Grecs appelaient lubris , la démesure, est incorporé dans notre système. Pour passer de la société actuelle à une démocratie écologique, une société autonome, éco-compatible, soutenable, on doit imaginer des transitions. Mais il ne s’agit pas de rendre compatible ce qui ne l’est pas, comme le fait le Grenelle, à savoir le développement et la survie de la biosphère.



24Aug

Des additifs qu'on voudrait soustraire

Piqué sur Effets de terre :

La dioxine est l’une des substances phares de l’été (avec le plomb des jouets exportés de Chine vers les USA dont je vous avais parlé le 12 juillet). En Belgique, trois fermes au nord d’Anvers, proches de la frontière avec les Pays-Bas, dont les produits ont été interdits à la vente en raison d’un dépassement de la norme de dioxine.

En Roumanie, Danone s’est vu immobiliser plusieurs lots de produits laitiers en raison de présence de dioxine. Il est arrivé la même mésaventure au fabricants de produits laitiers Valio, en Finlande. Dans ces deux cas, l’origine de la dioxine est connue. Il s’agit de farine de guar fabriquée à partir d’une gomme de la plante éponyme importée d’Inde, évoquée dans ces colonnes il y a quelques jours. Au passage, on rappellera qu’un yaourt n’a nul besoin d’être épaissi à la farine de guar ou à la gélatine de porc! On se demande d’ailleurs comment du café importé de Suède en Hongrie a lui aussi été contaminé par de la dioxine provenant de la gomme de guar indienne…

Aux Etats-Unis, des quantités importantes de dioxine ont été retrouvées, pour la seconde année consécutive dans les boues de dragage du port d’Olympia, dans l’Etat de Washington. Son origine reste inconnue.

En France, le mystère de la dioxine trouvée dans près de quarante exploitations de l’Ouest reste entier. Le lait des fermes touchées contient jusque cinq fois la quantité maximale admissible de dioxine. Depuis le 27 juillet, les experts tentent de passer en revue toutes les causes possibles de contamination, mais restent bredouilles. Il n’y a pas d’incinérateur dans le secteur et si je puis me permettre, ce ne sont pas les barbecues de jardin qui sont à accuser vu la météo de cet été. Il reste donc l’alimentation. En principe, des résultats d’analyses doivent tomber dans la journée.

A moins que ce soient les écologistes de Robin des bois qui soient sur la bonne piste. Eux s’interrogent sur un incendie qui s’est produit dans une usine de polystyrène en juin 2006 près de Redon, avant la récolte de maïs. Or les soupçons sur la contamination des bovins français portent justement sur les ensilages de maïs utilisés pour leur alimentation. Du maïs de la récolte 2006, justement.

Moralités : c'est bien gentil les industries agro-alimentaires mais à force de faire n'importe quoi avec les définitions et les productions des aliments, on arrive à faire voyager à travers le monde de la farine d'agar pour épaissir un yaourt, et au passage augmenter les risques de contamination. Le plus bel exemple de montage débile et énergivore consiste quand même à expédier de la vache hollandaise aux Philippines où elle est transformée en hamburgers surgelés et renvoyée en Europe.