Je suis rentré hier d'une conférence en Allemagne à laquelle pratiquement tout mon groupe de recherche a participé. Je crois que c'était la première fois que je me déplaçais "en groupe" à une conférence internationale, jusqu'ici j'y étais allé soit seul soit avec un collègue uniquement. Cette fois-ci c'est donc en mini-van que nous sommes partis. Après quelques kilomètres, nous découvrons sur le tableau de bord un message nous prévenant "d'une perte de pression sur le pneu arrière droit" , pneu impossible à changer "car rouillé". Tout celà était donc pas très encourageant pour le reste du voyage. Arrivé au port pour prendre le ferry vers l'Allemagne, nous contrôlons la pression et effectivement il manque 1 bar sur les 4 attendus. Au passage, les contorsions qu'il a fallu faire avec le code de la route pour rejoindre l'unique station service du port (passage de lignes continues, sens unique à contresens,...) ont relativement traumatisé l'unique danoise de l'équipée, les autres (majoritairement des français) étant plus indifférents ("de toute façon on n'est pas d'ici...").
Le reste du voyage s'est bien déroulé, le plus drôle étant notre post-doc chinois qui est toujours extrêmement surpris quand il voit arriver ce qu'il a commandé. Il ne parle évidemment pas allemand, son anglais est dur à comprendre, et il ne partage pas quelques références culturelles européennes, du coup il y a parfois des surprises. Par exemple, ayant commandé des pâtes, il voit arriver des tortellini et est prêt à les refuser, car pour lui ce ne sont pas des pâtes : en dehors du spaghetti, point de salut !
La conférence elle-même est organisée dans une petite ville d'Allemagne de l'est, qui est connue au moins à travers l'Allemagne pour son centre ville médiéval et le château qui la surplombe.
Ultime attraction touristique, le train à vapeur qui permet de monter au sommet du Hartz, montagne célèbre en Allemagne pour les fêtes de la St-Jean (Sankt-Hans) et dont la légende dit que les sorcières y convergeaient chaque année pour s'y livrer à des rites occultes et s'y reproduire. Résultat, les (pléthoriques) magasins de souvenir proposent force poupées de sorcières.
A la fin de la conf', l'incontournable "social event" nous a emmené d'abord dans un château de l'Empereur du St-Empire romain germanique, puis dans l'ancienne mine de cuivre qui a fait la richesse de cette ville. La mine a été exploitée dès les romains et jusqu'au XXème siècle, puis classée patrimoine UNESCO ; la visite nous fait suivre la rivière détournée dans la mine pour actionner les roues à eau qui servaient à actionner les monte-charge et les pompes à eau des étages inférieurs. C'est assez impressionnant, peu de lumières, des couloirs étroits et humides, avec des coulures d'oxydes métalliques de toutes les couleurs (vert, rouge, blanc). A l'issue de la visite, nous allons à l'ancien atelier, où les machine-outils ont été poussées dans un coin pour accueillir les tables de la salle à manger. Atmosphère inhabituelle pour un repas de gala, mais somme toute assez plaisante, les bouteilles de vin et les chopes de bière défilent, et bien que le repas se fasse attendre, la bonne humeur gagne. A la fin du repas, fait extrêmement inhabituel pour moi, mais relativement commun dans cette communauté scientifique, dancing ! et les patrons de labo sont pas les derniers à aller danser sur un mix house-années 80-90.
Après plusieurs heures orgiaques, les derniers survivants prennent le dernier bus, une grosse majorité de français parmi les ultimes clubbers. Le lendemain matin, il a bien fallu attendre 10-11 heures pour retrouver une salle à peu près remplie, les yeux étaient petits et les bouches pâteuses.